Introduction
Dans le cadre de ses attributions, le Conseil Général modernise les ports de pêche départementaux. Il a par ailleurs fait le choix d’équiper certains sites intitulés Aménagements pour la Pêche d’Intérêt Départemental (A.P.I.D.). Le Conseil Général concentre ses efforts à l’organisation, la modernisation, la restructuration et l’entretien des ports de pêche et des APID sur l’ensemble du territoire Martiniquais. C’est dans cette optique que la collectivité a initié le projet d’aménagement du port de pêche départemental de Grand-Rivière.
   
Le transfert du Port au Département et la naissance du projet
Par délibération du 19 septembre 1993, le Conseil Municipal de Grand-Rivière demandait le classement et la cession de la gestion du port de pêche alors communal, au Département.

En 1994, le Conseil Général, en collaboration avec le Comité des Pêches, a sélectionné au regard des besoins de la profession, les sites nécessitant un aménagement visant à améliorer les équipements collectifs et les conditions de travail des professionnels, dont celui de Grand-Rivière.

Le 27 juin 1995, la Collectivité départementale, réunie en séance plénière, décide d’adopter le principe de l’intégration du port de pêche de Grand-Rivière dans son Patrimoine.

L’importante activité de pêche avec 48 embarcations et 22 pêcheurs professionnels inscrits, confère au port de Grand-Rivière un intérêt économique majeur, lié à un caractère pittoresque et touristique reconnu mais mal exploité. La pêche, qui concerne 34,2 % de la population, constitue une ressource importante pour la commune. Ce site très typique est le pôle incontesté de l’animation du Bourg. Sur le plan économique, le port est donc un outil de dynamisation de l’activité de pêche et un outil touristique.

A cet effet, la collectivité décide de lancer les études de conception de l’ouvrage en 1997, parallèlement aux procédures initiées pour le classement du port. Le site de pêche de Grand-Rivière a été classé port départemental le 08 février 2001. La configuration de base du projet a été validée par l’édilité le 25 juillet 2001.
   
Le contexte et l’historique du site
Le projet du port, intégré dans un aménagement global du bourg et de son littoral, est une solution pour maintenir et développer l’activité socio-économique de Grand-Rivière tout en respectant le paysage grandiose et le caractère isolé du bourg qui en font son charme.

Le secteur de Grand-Rivière est remarquable par la beauté du relief escarpé, entièrement boisé ou couvert d’une végétation luxuriante, et qui s’enfonce brutalement dans la mer. Au terrain relativement plat du cône alluvial, sur lequel s’est développée la commune, s’opposent les falaises qui s’étendent de part et d’autre de Grand-Rivière.

Le régime hydro sédimentaire du site de Grand-Rivière est assez intense ; la mer est souvent agitée et les eaux sont relativement chargées en matières en suspension. Compte tenu des faibles hauteurs d’eau au droit du site, les vagues déferlent devant la côte et génèrent une dérive littorale marquée vers le Sud-Ouest.

La plage, qui servait à l’accostage des bateaux avant la construction du port, était protégée des houles de secteur Nord-Est à Nord-Nord-Est du fait d’une avancée plus conséquente du littoral. En 1979 et 1980, les cyclones DAVID et ALLEN ont bouleversé le littoral de cette commune et ont fortement contribué à la disparition de cette plage, pour laisser place à un estran de galets.

Un petit épi réalisé en 1985 visant à procurer un effet d’abri et à maintenir une plage de sable pour le halage des embarcations de pêche, à l’Ouest de la pointe de la Grand-Rivière, n’a pas donné satisfaction.

Pour améliorer la situation (avec la création d’une zone d’eau plus calme et la reconstitution d’une plage abritée où les manœuvres d’accostage ou de départ pourraient être exécutées en toute sécurité), la commune assistée des services de l’Etat, a envisagé de réaliser le port abri tel qu’il existe actuellement.

Celui-ci, établi en 1988/89 sur le site de l’ancien épi n’a pas donné les résultats escomptés. Si la fonction d’abri et de sécurité des manœuvres de débarquement et mise à l’eau des yoles est globalement assurée, le port abri actuel présente cependant plusieurs inconvénients :

  • il s’ensable de manière importante et fréquente,
  • il est de dimension trop réduite pour le nombre d’utilisateurs.

L’ensablement et les conséquences que cela entraîne (réduction de la surface du plan d’eau, perte partielle du caractère bassin à flot, limitation des profondeurs d’accès, risques d’accidents, estran à forte pente, nécessité de procéder à des opérations de retrait du matériau….) sont contraignantes pour les pratiques et l’exploitation du port.

Les opérations de désensablement sont effectuées de façon périodique, plusieurs fois par an et demandent un effort financier conséquent à la collectivité départementale.

Les premiers retraits de sable ont été entrepris en juin 1990 et continuent à ce jour.